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По поводу часто цитируемого куплета приписываемого Пушкину ("Эти стихи получили широкое распространение в списках за подписью Пушкина. Они являются вольным переводом французских стихов, приписывавшихся Дидро.")

Мы добрых граждан позабавим
И у позорного столпа
Кишкой последнего попа
Последнего царя удавим.


Какие это годы, интересно? Потому что у французов на этот счет нет единого мнения. С одной стороны, говорится, что сам Дидро просто переложил на стихи пару крепких выражений из еще более крепких высказываний в прозе некоего популярного в оппозиционном самиздате 18 века деревенского священика-атеиста Жана Мелье (Jean Meslier 1664-1729):

"Il serait juste que les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés avec les boyaux de prêtres."

Но судя по сложной истории хождения рукописи "Завещания" Мелье в самиздате (частично изданном Вольтером в Амстердаме), у этого высказывания было как минимум несколько вариантов. Самый популярный и широко разошедшийся вариант скорее вот этот, хотя это вероятнее всего хлесткое переложение смысла, но в те времена в основном радели о пропаганде идей, а не о точности цитирования:

"Je voudrais, et ce sera le dernier et le plus ardent de mes souhaits, je voudrais que le dernier des rois fût étranglé avec les boyaux du dernier prêtre."

Сам же Дидро (1713-1784) написал пару строк в корпусе малоизвестного в его время и изданного лишь в годы революции стихотворного "дифирамба" под названием "Элеутераманы или Одержимые Свободой" (Les éleuthéromanes ou Les furieux de la liberté):

Et ses mains ourdiraient les entrailles du prêtre,
Au défaut d'un cordon pour étrangler les rois.


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В 1805 году закончилось издание многотомного и впоследствии весьма популярного Курса лекций о древней и новейшей литературе для Лицея, составленного господином Жан-Франсуа Лагарпом (Jean-François de la Harpe) - некогда ярым приверженцем революционных идей, который однако попал в тюрьму во время конкретной французской революции и с тех пор радикальным образом изменил свой взгляд на вещи, что и видно из его пространных и эмоциональных рассуждений о смысле уже знаменитого к тому времени стиха Дидро. Предания эксцессов Революции еще свежи и дореволюционные чаяния звучат в его ушах совсем иначе. Идеологов революции он отныне называет не иначе как Софистами:

"Enfin, pour me renfermer dans ce qui regarde Diderot, je demanderai, indépendamment de tout ce que vous allez entendre, s'il n'a pas donné le résultat général de sa doctrine dans ces deux vers, qui en sont comme le couronnement:

Et des boyaux du dernier prêtre
Serrons le cou du dernier roi.

Ces deux vers, fameux depuis plus de vingt ans, ont-ils été assez répétés depuis 1789, et n'ont-ils pas été réimprimés, il y a quelque temps, avec la pièce entière dont ils sont tirés et avec les variantes, dans les journaux philosophiques qui en ont fait le plus grand éloge? Quelques uns diront-ils, avec cette pudeur hypocrite dont ils s'avisent quelquefois, que ce n'est qu'une gaieté? Quelle gaieté, bon Dieu! que celle qui met l'assassinat, le sacrilège, le régicide en plaisanterie! Ah! ceux qui se permettent celle-là savent trop bien qu'il ne manquera pas de gens qui la prendront, comme elle a été faite, dans le plus grand sérieux; et la preuve de fait est aussi publique que mémorable. Point d'excuse pour cet excès de perversité, qui ne peut avoir que des complices pour apologistes.

- Mais Diderot était un bon homme. - Nous verrons ailleurs ce qu'était, et ce qu'est même encore la bonhomie de nos sophistes. Mais ici je me contenterai de répondre que l'abbé Raynal était aussi un bon homme, et beaucoup plus réellement que Diderot; et ce n'a pas empêché que, dans un livre dont ce même Diderot a fait la moitié, il n'ait laissé imprimer cette phrase au milieu de cent déclamations du même ton:

"Quand viendra donc cet ange exterminateur qui abattra tout ce qui s'élève, et qui mettra tout au niveau?"

Eh bien! il est venu, et Raynal, qui semblait l'attendre si impatiemment, et qui ne le croyait pas si proche, l'a vu abattre et niveler; il l'a vu comme nous, et a gémi comme nous; il a gémi dans les ténèbres et dans l'épouvante, en attendant la mort, qui a laissé du moins à sa vieillesse souffrante et proscrite tout le temps de repentir. Heureux s'il a été, comme je le crois, aussi sincère que légitime! Et peut-être aussi, Diderot lui-même aurait gémi, si Diderot avait vu; mais, sans doute, ceux-là ne gémissent pas, qui ont eu le bonheur de leur survivre et le malheur de les justifier."
- Jean-François de La Harpe, Cours de littérature ancienne et moderne
(Troisième Partie, Livre IV, chapitre 3) (Des Sophistes - Diderot)

Справка из Википедии:
«La Harpe embrassa passionnément la cause de la Révolution lorsque celle-ci éclata. Il reprit en 1793 la rédaction du Mercure qu’il avait abandonnée, s’occupant de la partie littéraire quand Mallet du Pan avait en charge la partie politique. Malgré son zèle pour les idées nouvelles, ou à cause de celui-ci, il fit un séjour de quatre mois à la prison du Luxembourg en 1794.

Il en ressortit converti (il avait occupé sa détention à traduire les psaumes) et gagné à des opinions beaucoup plus conservatrices. Il se mit à fréquenter avec ostentation les églises et, dans son cours du Lycée, ne cessa d’attaquer violemment les Encyclopédistes. Ces opinions lui valurent d’être proscrit après le 18 fructidor (1797). Il revint en France après le 18 brumaire, fut proscrit de nouveau en 1802 en raison de ses relations avec les milieux royalistes.
»

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Пространная выписка из дифирамба Дидро, заключающая известные строки:

LES ÉLEUTHÉROMANES OU LES FURIEUX DE LA LIBERTÉ
Abdication d'un Roi de la Fève
l'an 1772
Dithyrambe

paru dans Décade philosophique le 16 septembre 1796 (30 fructidor an IV)
политический журнал, издаваемый каждую декаду с 29 апреля 1794 (10 флореаль года второго) по 1807 год.
....

Strophe

L'enfant de la nature abhorre l'eslavage;
Implacable ennemi de toute autorité,
Il s'indigne du joug; la contrainte l'outrage;
Liberté, c'est son voeu; son cri, c'est Liberté.
Au mépris des liens de la société,
Il réclame en secret son antique apanage.
Des moeurs ou grimaces d'usage
Ont beau servir de voile à sa férocité;
Une hypocrite urbanité,
Les souplesses d'un tigre enchaîné dans sa cage,
Ne trompent point l'oeil du sage;
Et, dans les murs de la cité,
Il reconnaît l'homme sauvage
S'agitant sous les fers dont il est garrotté.

Antistrophe

On a pu l'asservir, on ne l'a pas dompté.
Un trait de physionomie,
Un vestige de dignité
Dans le fond de son coeur, sur son front est resté;
Et mille fois la tyrannie,
Inquiète où trouver de la sécurité,
A pâli de l'éclair de son oeil irrité.

Épode

C'est alors qu'un trône vacille;
Qu'effrayé, tremblant, éperdu,
D'un peuple furieux le despote imbécile
Connaît la vanité du pacte prétendu.

Strophe

Répondez, souverains: qui l'a dicté, ce pacte?
Qui l'a signé? qui l'a souscrit?
Dans quel bois, dans quel antre an a-t-on dressé l'acte?
Par quelles mains fut-il écrit?
L'a-t-on gravé sur la pierre ou l'écorce?
Qui le maintient? la justice ou la force?
De droit, de fait, il est proscrit.

Antistrophe

J'en atteste les temps; j'en appelle à tout âge;
Jamais au public avantage
L'homme n'a franchement sacrifié ses droits;
S'il osait de son coeur n'écouter que la voix,
Changeant tout à coup de langage,
Il nous dirait, comme l'hôte des bois:
"La nature n'a fait ni serviteur ni maître;
Je ne veux ni donner ni recevoir de lois."
Et ses mains ourdiraient les entrailles du prêtre,
Au défaut d'un cordon pour étrangler les rois.


Épode

Tu pâlis, vil esclave! Être pétri de boue,
Quel aveuglement te dévoue
Aux communs intérêts de deux tigres ligués?
Sommes-nous faits pour être abrutis, subjugués?
Quel moment! qu'il est doux pour une muse altière!
L'homme libre, votre ennemi,
Vous a montré son âme fière;
O cruels artisans de la longue misère
Dont tous les siècles ont gémi,
Il vous voit, il se rit d'une vaine colère:
Il est content, si vous avez frémi.
...


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Моноязыких читателей отошлю к дотошному исследованию истории хождения этого якобы пушкинского четверостишия в русской эйкумене начала 19 века:

Рак В. Д. К истории четверостишия, приписанного Пушкину // Временник Пушкинской комиссии, 1973 / АН СССР.

Дополненная версия того же исследования с новыми подробностями:

Рак В. Д. Пушкин, Достоевский и другие. (Вопросы текстологии, материалы к комментариям): Сб. статей. СПб., 2003 [статьи о Пушкине] - - О четверостишии, приписанном Пушкину

«Выражение „Мы добрых граждан позабавим“ полемически направлено против историка литературы Лагарпа, который в своем общепризнанном „Курсе античной и новой литературы“ (по которому Пушкин учился в Лицее) с негодованием приводит это двустишие, возмущаясь тем, что есть люди, находящие эти слова забавными.»
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